alahdat.net//«Lahboubi El Mostafa»
Hommage à Safi.
La colline des potiers, sous l’orage qui gronde,
Voit avec effroi monter la fin du monde.
L’ouad Chaâba endormi, par la pluie réveillée,
le Chaâba n’est plus un lit de pierres,
Il devient un géant qui brise les barrières.
Devient un géant aux pieds déchaînés.
Le flot déchaîné dévale les rues, emportant les mémoires,
Dans un fracas de boue et de vagues très noires.
L’eau rousse s’engouffre, avide et sans pitié,
Emportant les espoirs, le pain et l’amitié
De Biada, à Sidi Boudhab, le flot ne choisit pas,
Il s’invite partout, il dicte ses lois.
La terre de l’argile, si douce sous les mains,
Se noie sous la colère d’un ciel sans lendemain.
Le combat des mains nues, voit l’homme debout, l’échine courbée,
Contre le flot noir, sa force est dérobée.
Il dresse des remparts de sable et de prières,
Pousse de toute son âme les portes meurtrières.
Ses mains brûlent de froid, ses membres sont de plomb,
Il lutte pour un toit, pour un petit nom,
Dans l’œil de la tempête, un enfant qui sanglote,
Regarde ses trésors que l’écume emporte.
Une mère courageuse s’agrippe au fer d’une fenêtre,
Priant que le soleil accepte de renaître.
Chaque meuble qui flotte est un pan de leur vie,
Une histoire de sueur par le déluge asservie.
Mais Safi est de roche, de sel et de courage,
Elle a vu bien des vents et bien d’autres orages.
Quand l’eau se retirera, laissant son goût d’effroi,
L’homme lavera la terre et restera son roi
Les mains qui font le tour de la terre et du feu,
S’unissent dans l’effort sous un regard pieux.
L’Atlantique contemple ce combat fraternel,
Où l’homme face à l’onde se veut éternel.
Demain, le soleil d’or séchera les murs blancs,
Et Safi chantera, plus forte que les vents.
LAHBOUBI ELMOSTAFA. Cap Cantin , Hiver 2025
هيئة التحرير24 ديسمبر، 2025
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